Yoga en été : comment adapter sa pratique quand il fait chaud ?
Il est 19h à Villeurbanne et il fait encore chaud dehors. Certains arrivent à pied, d’autres à vélo, après une journée de travail et quelques rues traversées sous le soleil. On pousse la porte du studio avec le corps déjà bien chaud, parfois un peu fatigué par la journée.
À l’intérieur, les tapis sont en place. Quand les températures grimpent vraiment, je mets doucement la climatisation. Juste ce qu’il faut pour que la salle reste agréable, sans avoir cette sensation de froid que l’on peut parfois ressentir en passant brutalement de la chaleur extérieure à une pièce trop climatisée.
On s’installe, on prend le temps d’arriver… et déjà, les premières respirations ne ressemblent pas forcément à celles d’un soir de janvier.
C’est peut-être l’une des choses intéressantes avec la pratique du yoga : elle nous rappelle que nous ne sommes jamais exactement dans le même état d’un cours à l’autre.
En été, la chaleur, le sommeil parfois différent, les vacances, les changements de rythme ou simplement la fatigue d’une journée chaude peuvent modifier nos sensations.
Alors faut-il pratiquer autrement quand il fait chaud ?
Pas forcément tout changer. Mais certainement écouter un peu plus.
Écouter son énergie plutôt que ses habitudes
Nous avons tous nos habitudes sur le tapis.
Des postures que nous aimons, d’autres un peu moins, des jours où l’on a envie de bouger et d’autres où l’on préférerait presque rester allongé.
En été, ces différences peuvent être encore plus marquées.
Quand il fait très chaud à Villeurbanne, on arrive tous au studio avec cette chaleur déjà présente dans le corps. Que l’on soit venu à pied, à vélo ou en voiture, la journée a laissé sa trace.
C’est justement là que la pratique devient intéressante.
Plutôt que de décider à l’avance de ce que notre corps devrait être capable de faire, on commence par observer comment il est aujourd’hui.
Certains soirs, la pratique peut être soutenue. D’autres fois, on ralentit les transitions, on prend une respiration de plus, on va un peu moins loin dans une posture.
Ce n’est pas moins bien pratiquer.
C’est pratiquer avec ce qui est là.
Ralentir ne veut pas dire moins pratiquer
Dans le yoga, on rencontre la notion de tapas, que l’on peut rapprocher de la discipline et de la constance dans la pratique.
Mais être constant ne signifie pas faire toujours plus.
C’est même parfois l’inverse.
Il faut une certaine qualité d’écoute pour accepter qu’un jour notre pratique soit différente. Ne pas aller aussi loin dans une posture. Prendre davantage de temps. Ou simplement arrêter de vouloir faire exactement ce que nous avions en tête.
L’été pose assez naturellement cette question : est-ce que cet effort me fait du bien ou est-ce que je le fais simplement par habitude ?
C’est là qu’apparaît peu à peu la notion d’effort juste : ni trop, ni trop peu, mais un effort qui correspond à ce que nous pouvons réellement donner à cet instant.
Et cette question, finalement, vaut toute l’année.
Le souffle comme repère
Le souffle nous donne beaucoup d’informations pendant une séance.
Lorsque nous sommes bien dans une posture, la respiration peut généralement continuer à circuler. À l’inverse, quand nous commençons à retenir notre souffle ou à nous crisper pour tenir quelques secondes supplémentaires, il est peut-être temps d’ajuster quelque chose.
Pas forcément de sortir immédiatement de la posture.
Parfois, il suffit d’en faire un peu moins.
En été, on peut également pratiquer certaines respirations traditionnellement associées à une sensation de fraîcheur, comme Śītalī. Mais je crois qu’avant même de chercher une technique particulière, il est intéressant de revenir à quelque chose de beaucoup plus simple : comment est-ce que je respire aujourd’hui ?
Prendre le temps de sentir son souffle change déjà beaucoup la pratique.
Hatha Yoga ou Yin Yoga en été ?
Il n’y a pas, à mon sens, un yoga qu’il faudrait pratiquer en été et un autre en hiver.
Le Hatha Yoga comme le Yin Yoga peuvent trouver leur place toute l’année.
Ce qui change, c’est plutôt la façon dont nous pratiquons.
Un cours de Hatha Yoga peut être plus ou moins soutenu, avec davantage de pauses lorsque c’est nécessaire. Le Yin Yoga propose une autre expérience, plus immobile, avec des postures dans lesquelles on prend le temps de s’installer.
Certains soirs d’été, on aura envie de bouger.
D’autres, beaucoup moins.
Et il n’y a pas vraiment besoin d’en faire une règle.
Quand il fait vraiment très chaud
Les jours de forte chaleur demandent tout de même un peu plus d’attention.
Même si je veille à garder une température agréable dans le studio, ce qui s’est passé avant le cours compte aussi : une journée passée dans la chaleur, un sommeil moins réparateur ou simplement une fatigue plus importante.
Dans ces moments-là, boire suffisamment et rester attentif à ses sensations est essentiel.
Et surtout, il n’y a rien à gagner à vouloir absolument maintenir son niveau d’intensité habituel.
Le yoga n’est pas là pour nous apprendre à ignorer les signaux du corps.
Il nous invite plutôt à chercher cet effort juste, qui peut être très différent d’un jour à l’autre.
Trouver l’effort juste
Nous vivons déjà dans un quotidien où il faut souvent aller vite, faire plus, remplir les journées et passer d’une chose à l’autre.
Le yoga peut justement être un endroit où cette logique s’arrête un peu.
L’été nous le rappelle assez bien.
On peut continuer à pratiquer avec sérieux sans rechercher systématiquement davantage d’intensité. Faire un mouvement plus lentement. Rester un peu moins longtemps. Respirer avant de recommencer.
Ce n’est pas forcément « lâcher prise », expression que l’on entend beaucoup dans le yoga.
C’est peut-être simplement apprendre à trouver l’effort juste.
Celui qui correspond à notre énergie du moment, sans aller trop loin, mais sans renoncer non plus dès que quelque chose demande un peu d’engagement.
Et cet effort juste n’est jamais complètement fixé. Il change avec les saisons, avec les journées et avec nous.
C’est aussi ce que nous venons chercher sur le tapis : apprendre progressivement à sentir cette différence.
À Yoga Is Now, à Villeurbanne, les cours de Hatha Yoga et de Yin Yoga continuent pendant l’été. Et lorsque les températures montent, la pratique s’adapte elle aussi — tranquillement, en fonction de l’énergie du groupe et des besoins de chacun.
Questions fréquentes sur le yoga en été
Peut-on pratiquer le yoga quand il fait très chaud ?
Oui, mais il est important de tenir compte de son état de fatigue et des conditions du moment. Lors des journées particulièrement chaudes, on peut avoir besoin de ralentir, de boire davantage et de réduire l’intensité. L’essentiel est de rester attentif à ses sensations et de ne pas chercher à forcer.
Quel yoga pratiquer en été ?
Il n’y a pas forcément un yoga plus adapté qu’un autre. Le Hatha Yoga comme le Yin Yoga peuvent être pratiqués en été. C’est surtout la manière de pratiquer qui peut évoluer en fonction de la chaleur et de son énergie du jour.
Faut-il pratiquer moins intensément en été ?
Pas nécessairement. Certaines personnes conservent beaucoup d’énergie malgré la chaleur, tandis que d’autres ressentent naturellement le besoin de ralentir. Plutôt que d’appliquer une règle générale, mieux vaut observer comment on se sent au moment de la pratique.
Quelle respiration pratiquer quand il fait chaud ?
Śītalī est une respiration traditionnellement associée à une sensation de fraîcheur. Elle peut être intéressante à découvrir pendant l’été. Mais avant de chercher une technique particulière, revenir simplement à une respiration calme et consciente est déjà une manière d’adapter sa pratique.
Hatha Yoga ou Yin Yoga quand il fait chaud ?
Les deux peuvent convenir. Le Hatha Yoga permet d’adapter le rythme, l’intensité des postures et les temps de pause. Le Yin Yoga propose une pratique plus immobile, avec davantage de temps pour s’installer dans les postures. Le choix dépend surtout de son envie et de son énergie du moment.
